Une stratégie pour innover : éliminer !

« Buvez, éliminez ! » disait la pub Vittel. L’innovateur, lui, devrait se dire : « Faisons mieux avec moins ! ».

Oui, innover ne consiste pas toujours à ajouter quelque chose au produit, au service ou au processus. Faire ou proposer moins permet parfois de simplifier et le moins créatif conduit très souvent au plus innovant.

Une stratégie, deux ambitions

Cette approche par la soustraction est animée ou anime (au moins) deux ambitions :

  • 1. Simplifier le système pour l’améliorer, pour le rendre plus fiable ou plus facile, etc.
    • C’est typiquement la voie des démarches low-cost ou celle des meubles en kit.
    • C’est aussi la voie de l’innovation frugale, parfois via des portions réduites (ex : formats individuels).
  • 2. Changer le système pour obtenir quelque chose de différent, pour créer une rupture ; en supprimant un élément a priori « indispensable », on crée une nouvelle proposition de valeur.
    • La draisienne. En retirant le pédalier, on crée un outil d’apprentissage où l’enfant gagne en équilibre.
    • Le Walkman. Dans les années 80, un magnétophone servait à enregistrer, Sony a supprimé la fonction « enregistrement » et le haut-parleur pour concevoir un appareil pour l’écoute simple et individuelle.
    • Le Cirque du Soleil a réinventé le cirque en retirant ce qui coûtait (très) cher et divisait l’opinion : les animaux. Une forme d’hybridation pour toucher un nouveau public.

Tout bien considéré, la draisienne n’est pas vraiment une innovation mais une réactivation du passé, les premiers vélos n’avaient pas de pédalier !

Des outils pour soustraire

Il y a plusieurs techniques ou angles d’attaque pour imaginer une réduction positive. TRIZ notamment qui, en plus du concept de l’idéalité, propose au moins trois ressources visant le retrait ou la simplification :

La soustraction s’il vous plaît !

Comment conceptualiser un restaurant où l’on ne dirait plus « L’addition s’il vous plaît » mais « Garçon, la soustraction SVP » ?

Ce n’est pas une proposition vaine. Cette innovation existe déjà : ce sont les Dark Kitchens (« cuisines fantômes » ou, par extension, les services traiteurs). En soustrayant la salle de restaurant, la décoration et les serveurs, ces entreprises ne gardent que l’essentiel : la cuisine et la livraison. La preuve que même dans les secteurs les plus traditionnels, savoir soustraire est une opération… positive.

À côté de la soustraction, est-ce que d’autres opérateurs mathématiques pourraient être utiles ?