L’Effet de Halo, c’est au moins deux choses.
A. Un biais cognitif (notre cerveau est un tricheur)
Un biais cognitif formalisé par un psychologue américain, Edward Thorndike, caractérisant notre inclinaison à amalgamer des faits indépendants et à les considérer comme subordonnés (par exemple reliés entre eux par des liens de causes à effets).
L’effet de Halo (d)énonce que toutes les heuristiques – synonyme : raccourcis – ne sont pas fiables.
B. Un livre exceptionnel (un « tueur de certitudes »)
L’effet de Halo, c’est également un livre exceptionnel (écrit en anglais, traduit en français) qui désintègre quelques mythes du management et démontre qu’il est difficile voire disgracieux d’appliquer au monde de l’entreprise la rigueur des analyses scientifiques.
Un ouvrage qui dévoile ou rappelle le véritable secret de la réussite : il n’y a pas de secret, il n’y a pas de solution « plug-and-play ».
Comme pour les régimes amaincissants promettant des résultats sensationnels et rapides, méfiez-vous des recettes managériales miracles et des gourous ! Par ailleurs, n’est-ce pas une recommandation ou une vérité concernant probablement tous les domaines de la vie ?
L’exemple cinglant de Cisco Systems
À la fin des années 90, Cisco est la star de la Silicon Valley. Son ascension est fulgurante et les analystes s’extasient : « Une culture d’entreprise révolutionnaire », « Une stratégie d’acquisition infaillible », « Un service client poussé à l’extrême ». John Chambers, son patron, est élevé au rang de demi-dieu.
Puis vient l’an 2000. La bulle internet explose, l’action de Cisco s’effondre. Soudain, les mêmes experts changent de disque. La culture devient « arrogante », les acquisitions sont jugées « chaotiques » et le service client « bureaucratique ».
Qu’est-ce qui avait changé ? Rien, sauf les résultats financiers. La culture et les processus étaient restés les mêmes, mais comme les profits avaient disparu, le « Halo » s’était évaporé, transformant les prétendues qualités en défauts majeurs. C’est le piège de la corrélation illusoire : on juge le processus par le résultat, alors qu’un bon processus peut parfois mener à un échec (et inversement).
Finalement, l’incertitude n’est-elle pas la seule règle qui vaille ?






